L'enfant qui ne pleurait pas. - Torey Hayden

L'enfant qui ne pleurait pas. - Torey Hayden
5 / 5

<3


Commencé le : 28 . 09 . 06
Terminé le : 02 . 10 . 06


Résumé :

" Récit d'un cas de réadaptation sociale d'une enfant jugée caractérielle et psychotique. C'est le sauvetage d'une enfant condamnée à la folie, si une rééducatrice n'avait pas réussi à faire retrouver un certain équilibre à cette petite fille douée d'une intelligence au-dessus de la moyenne, mais qui avait grandement souffert de conditions familiales misérables dans sa petite famille. (Suite : la fille du tigre.)"


Impressions :

Quelle triste histoire, beaucoup de larmes versées, de soupirs et d'émotions. L'art de Torey Hayden pour raconter ses expériences me laisse admirative. Sheila est une petite fille très émouvante, très attachante. Une petite fille qui a eu une vie épouvantable mais qui a eu un courage phénoménal. Ce livre m'a beaucoup émue. Une histoire vraie bouleversante.


Morceaux choisis :

"On me demande sans cesse quel est ce poème qui décore le mur de mon bureau. Il me semble juste que l'on connaisse l'enfant qui l'a composé. Et j'espère seulement avoir eu la moitié de son talent pour écrire ce livre."
"D'abord, je veux que tu me serres un peu. Mon derrière me fait très mal et je veux attendre que ça va mieux. Je veux plus penser maintenant" En souriant, je la serrai fort contre moi et nous restâmes enlacées dans la pénombre de la réserve à livres, à attendre - elle que ses fesses douloureuses se calment et que le courage lui vienne, moi que le monde change."
"Comme dans l'histoire quand le petit prince part après avoir aprivoisé le renard : en fait, il restera toujours avec le renard, car chaque fois que le renard verra un champs de blé, il pensera au petit prince. Il se rappelera combien le petit prince l'aimait. Ce sera la même chose pour nous. Nous nous aimerons toujours. C'est plus facile de se séparer ainsi, car chaque fois qu'on se souvient de quelqu'un qui nous aime, on ressent un peu plus de son amour."

# Posté le dimanche 15 juillet 2007 15:18

Modifié le dimanche 15 juillet 2007 16:02

Métaphysique des tubes - Amélie Nothomb

Métaphysique des tubes - Amélie Nothomb
3 / 5

Commencé le : 06 . 10 . 06
Terminé le : 07 . 10 . 06


Résumé :

"Il existe des êtres qui ne subissent pas la loi de l'évolution. Ce sont les légumes cliniques", ou des tubes par où circule seule la nourriture. Ces tubes ne sont pas pour autant sans cervelle puisqu'il arrive que celle-ci, suite à un "accident fatal", se réveille soudain, et déclenche la vie. C'est exactement ce qu'a vécu la (très) jeune narratrice de Métaphysique des tubes durant les deux premières années de sa vie qui furent muettes, immobiles, végétatives, bref divines. Au sens propre, car ce singulier bébé n'ignore pas qu'il est Dieu lui-même, méditant sur ce monde qu'il hésite à rejoindre. Sous forme de monologues intérieurs, considérations philosophico-drolatiques, on déguste le récit de ces trois premières années d'une vie française au Japon, pays merveilleux où de la naissance à la maternelle, l'enfant est un dieu.


Impressions :

Déçue...J'ai entendu beaucoup de bien de ce livre, et je m'attendais à mieux...J'ai eu l'impression d'avoir tourné en rond, le style m'a déçue. La fierté d'Amélie de ses 0 à 3 ans m'a beaucoup énervée. Bref, je trouve que ce n'est pas le meilleur livre qu'elle ait écrit. Dommage.


Morceaux choisis :

"Mort ! Comme si je ne savais pas ! Comme si mes deux ans et demis m'en éloignaient, alors qu'ils m'en rapprochaient ! Mort ! Qui mieux que moi savait ? Le sens de ce mot, je venais à peine de le quitter ! Je le connaissais encore mieux que les autres enfants, moi qui l'avais prolongé au-delà des limites humaines. N'avais-je pas vécu deux années de coma ? Qu'avaient-ils donc pensé que je faisais, dans mon berceau, pendant si longtemps sinon mourir ma vie mourir le temps, mourir la peur, mourir le néant, mourir la torpeur ?"

# Posté le dimanche 15 juillet 2007 16:12

Bye bye Blondie - Virginie Despentes

Bye bye Blondie - Virginie Despentes
5 / 5


Commencé le : 18 . 10 . 06
Terminé le : 25 . 10 . 06


Résumé :

Gloria est convaincue qu'à chaque fois qu'elle s'approche trop près du bord, elle saura faire pirouette arrière. Seulement, plus le temps passe, plus elle devient championne dans l'art de souffrir... Il pleut sur Nancy, sa ville natale, et Gloria, à trente-cinq ans passés, est de nouveau SDF, avec pour unique point d'échouage Le Royal, "son" bar, le seul endroit où elle puisse librement traîner sa déprime et sa hargne, trouver chez qui squatter, et boire sans limite de crédit. Mais ce soir-là, c'est un passé bien plus douloureux qu'elle revit en direct, malgré elle : dans la rue, elle croise Eric Muir, désormais parisien et présentateur star du petit écran. Eric, sans qui elle aurait sans doute brutalement sombré, vingt ans plus tôt, quand, adolescente difficile, elle a été internée en hôpital psychatrique pour un temps indéterminé, par des parents dépassés, persuadés de faire son bien. Eric, son premier amour, fils d'une famille de la grande bourgeoisie de Nancy, avec qui elle a vécu son aventure punk. Eric aujourd'hui confortablement installé dans sa voiture avec chauffeur, et qu'elle voudrait sinon feindre d'ignorer, du moins englober dans sa haine du monde et d'elle-même ; mais lui ne l'entend pas ainsi... Avec une dureté de ton qu'on lui a connu à ses débuts, mais aussi une tendresse certaine pour ses personnages, Virginie Despentes fait le récit d'une adolescence dramatique, marquée au fer rouge par l'incompréhension et la bêtise de parents incapables d'amour véritable, brisée par la violence et la toute-puissance des institutions. Bye bye Blondie est également le portrait rageur d'une femme conditionnée par le manque et l'abandon, et qui ne sait plus vivre que dans la destruction aveugle de tout ce qui pourrait mettre un terme à ses souffrances.


Impressions :

Une histoire d'amour originale. Les deux personnages me plaisent et surtout Gloria dans laquelle je me suis parfois retrouvée...La fin me plaît, l'intrigue aussi. Le language familier m'a parfois gênée, mais pour le reste j'ai beaucoup aimé. Virginie Despentes a un style particulier, qui sort de l'ordinaire. Le début en hôpital psychiatrique est une idée originale.


Morceaux choisis :

"Elle voudrait revenir trois mois en arrière, quand Lucas la suivait dans la rue après chaque dispute, quand il ne voulait pas la laisser partir, quand il l'aimait quoi qu'il en coûte. Quand elle se sentait désirée. Elle voudrait revenir trois mois en arrière et dormir avec lui ce soir, qu'il cherche ses pieds avec ses pieds, dans son sommeil qu'il faisait ça."
"Rituel, elle s'enferme dans la salle de bain. Elle glapit de rage, cris étouffés, pour ne pas qu'on l'entende. Gueule de démente. Elle se regarde dans le miroir, elle est rouge, déformée, les yeux brillants de larmes L'accalmie a été courte, et quand c'est revenu, c'était mille fois pire qu'avant. Elle se griffe, se frappe, au visage, à la poitrine, au ventre. Son corps est une carte de bleus. Elle se cogne toute seule, puis elle prend une douche, et inspecte son visage, camoufle les blessures. Elle croyait s'en tirer, elle pensait comme une conne que l'amour la sauverait de tout, mais ses démons sont de retour, en pleine forme. Cette fois bien décidés à la laminer complètement."

# Posté le dimanche 15 juillet 2007 16:37

Un miracle en équilibre - Lucia Etxebarria

Un miracle en équilibre - Lucia Etxebarria
3 / 5


Commencé le : 26 . 10 . 06
Terminé le : 04 . 11 . 06


Résumé :

Lettre ouverte d'Eva à sa fille qui vient de naître, Un miracle en équilibre c'est une longue adresse affectueuse et drôle, piquante et poétique, où une mère dit à son enfant le bonheur qu'elle a de l'avoir conçue, portée, mise au monde, et dans quel monde! Elle dit aussi la complexité des choix, les désirs multiples et parfois contraires qui tiraillent le c½ur de la femme moderne: être indépendante, attirante, active, aimante, exemplaire, l'une après l'autre ou toutes à la fois. Elle dit encore les doutes d'un écrivain, l'inspiration capricieuse ou la cavalcade impatiente des idées et des mots quand le temps d'écrire fait défaut. De New York à Madrid en passant par Alicante, a cheval entre le passé, le présent et le futur, Eva dessine les contours d'une nouvelle forme de féminité placée sous le signe de la liberté, de l'action et de la tendresse.


Impressions :

Ce livre me laisse une impression globale d'ennui. Je trouve que tout se passe avec une lenteur infinie. Ce n'est pas le même genre que les autres livres de cette auteur. Mais j'ai tout de même aimé certains passages, beaucoup de questionnement sur les sentiments que l'on peut éprouver. Un longue réflexion sur l'amour, au sens global du terme. Des moments émouvants, dans lesquels je me suis parfois retrouvée et qui m'ont permis de me poser certaines questions.


Morceaux choisis :

"Or il y avait dans ma vie une infinité de facteurs sur lesquels je n'avais aucune prise. Je n'avais, par exemple, aucune prise sur une journaliste sans scrupule qui voulait monter en grade dans son magazine de caniveau au prix de la réputation de ceux dont elle croisait la route, mais j'avais prise, en revanche, sur ma propre façon de réagir aux évènements, sur l'importance que je décidais d'accorder ou non à cette journaliste ou à ce procureur. Aprè tout, je n'étais pas condamnée à mourir de faim, je n'étais pas née en Thaïlande, où mon père m'aurait vendue à un bordel de Bangkok pour moins de 500 dollars; ni au Nigéria, où on m'aurait lapidée pour adultère, ni en Somalie, où on m'aurait extirpé le clitoris à onze ans, ni en afghanistan, où l'implacable Burqa m'aurait interdit de montrer mon visage; bref, mes malheurs restaient supportables, et je pouvais apprendre à me responsabiliser et à envisager de façon créative la façon de les supporter à l'avenir."
"Et soudain je me trouve piégée dans une de ces trappes d'amnésie qu'une divinité espiègle, ou au contraire bienveillante, a disposées dans le tunnel par lequel on accède de l'enfance à l'âge adulte. Je ne sais pas à quoi elle fait allusion. Ou plutôt je ne veux pas le savoir. Je ne m'en souviens pas, je n'y arrive pas, je n'en ai pas envie. Il faut parfois renoncer au passé pour jouir du présent. L'oubli répond à un logique économique, c'est un procédé qu'adopte la vie pour se libérer de l'angoisse et poursuivre son chemin, un subterfuge paresseux et pourtant fécond, cmm si l'esprit se mettait en jachère pour pouvoir semer de nouveaux plants par la suite. C'est pourquoi certains épisodes sont relégués dans le grenier de l'oubli, dans cet entrepot que l'on ne peut visiter qu'en rêve, sans pouvoir en rapporter au réveil, rien de ce qu'on y a découvert"

# Posté le dimanche 15 juillet 2007 16:51

Modifié le mercredi 18 juillet 2007 11:02

Ensemble c'est tout - Anna Gavalda

Ensemble c'est tout - Anna Gavalda
5 / 5

<3


Commencé le : 05 . 11. 06
Terminé le : 12 . 11 . 06


Résumé :

" Et puis, qu'est-ce que ça veut dire, différents ? C'est de la foutaise, ton histoire de torchons et de serviettes... Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c'est leur connerie, pas leurs différences... " Camille dessine. Dessinais plutôt, maintenant elle fait des ménages, la nuit. Philibert, aristo pur jus, héberge Franck, cuisinier de son état, dont l'existence tourne autour des filles, de la moto et de Paulette, sa grand-mère. Paulette vit seule, tombe beaucoup et cache ses bleus, paniquée à l'idée de mourir loin de son jardin. Ces quatre là n'auraient jamais dû se rencontrer. Trop perdus, trop seuls, trop cabossés... Et pourtant, le destin, ou bien la vie, le hasard, l'amour -appelez ça comme vous voulez -, va se charger de les bousculer un peu. Leur histoire, c'est la théorie des dominos, mais à l'envers. Au lieu de se faire tomber, ils s'aident à se relever.

Impressions :

Wahou ! Que d'émotions...du rire aux larmes, en passant par la nostalgie, la colère, l'amour puis l'amtié. Une histoire humaine et chaleureuse...Des personnages au coeur énorme, tous très différents mais très très attachants : un vrai plaisir. Ce livre m'a fait me poser beaucoup de questions sur les rapports humains. Le texte est simple, mais riche en émotions. Un livre merveilleux pour se détendre et ne penser à rien. Magnifique.


Morceaux choisis :

"- Et puis qu'est-ce que ça veut dire, différents? Moi qui ne sais pas me faire cuire un oeuf, j'ai passé la journée en cuisine, et toi qui n'écoute que de la techno, tu t'endors avec Vivaldi...C'est de la foutaise, ton histoire de torchons et de serviettes...Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c'est leur connerie, pas leurs différences...Au contraire, sans toi je n'aurais jamais sû reconnaître un feuille de pourpier..."
"C'est une hypothèse. L'histoire n'ira pas assez loin pour le confirmer. Et puis nos certitudes ne tiennent jamais debout. Un jour on voudrait mourir et le lendemain on réalise qu'il suffisait de descendre de quelques marches pour trouver le commutateur et y voir un peu plus clair...Pourtant ces quatre là s'apprêtaient à vivre ce qui allait rester, peut-être, comme les plus beaux jours de leurs vies."

# Posté le samedi 21 juillet 2007 11:02